
Du quartier où il a grandi avec ses parents originaires du Maroc à la mairie de Saint-Ouen où il a été élu pour la deuxième fois en 2026 avec 56, 44% des voix, Karim Bouamrane analyse, dans son livre « L’espoir ou le mépris » à paraître ce 4 novembre, les relations sociales et y exprime sans détour, et comme à l’accoutumée avec un franc parler, sa vision de la France d’aujourd’hui et de demain. Nous l’avons rencontré et interviewé.
BledNews : «L’espoir ou le mépris», titre de votre livre, renvoie à deux extrêmes. Quel message souhaitez-vous faire passer?
Karim Bouamrane : Le message est clair : il s’agit d’un ras-le-bol. Celui de choisir entre l’insurrection et le chaos ou le déclin. Choisir entre la jeunesse ou le respect des forces de l’ordre, choisir entre LFI ou le RN, choisir entre le désespoir et la résignation. La France est un pays riche doté d’un patrimoine fabuleux, historique, politique et intellectuel mais la machine est en train de se gripper. Deux options s’offrent à nous : en prendre conscience et essayer de redevenir le pays à l’idéal républicain ou juxtaposer les communautés en fonction de leur genre, leur couleur de peau, de leur culte et de leur statut social jusqu’à atteindre l’éclatement social. A travers mon parcours, je décline dans mon livre ma vision de la France. Le mépris c’est, par exemple, rencontrer Karim Bouamarane et penser, sans même lui avoir parlé, qu’il est, est au mieux un footballeur, au pire quelqu’un qui a un métier subalterne. C’est penser que lorsque l’on vient de la cité, on n’est pas fait pour les études,… Et ce ne sont là que des images pour faire comprendre ce que j’entends par mépris. Je me suis toujours battu contre ces idées grâce à l’espoir que j’avais en moi. C’est de cet espoir dont il est question.
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- Vous parlez beaucoup de votre rapport à la politique. La question des origines a-t-elle influencé ce rapport?
- J’ai très tôt été saisi par une responsabilité, le fait de sacrifier sa vie pour que ses enfants puissent avoir un avenir de qualité. Le choix que j’avais était de redonner à mes parents au centuple ce qu’ils m’avaient donné. J’étais obligé de réussir dans les études et de réussir ma vie, la choisir et non la subir. Les valeurs sont fondamentales dans ce chemin : il y a de la générsité, de la sincérité, de l’honnêteté. Le fait d’être marocco-français était une chance. J’avais également la chance de grandir en France, ce qui m’a permis de comprendre les deux cultures. Le Maroc m’apprenait la culture du respect, de l’hospitalité. La France m’apprenait d’autres valeurs tout aussi importantes..
- Parlons des relations entre la France et le Maroc. Supposons que vous soyez élu Président, quelle place donneriez-vous aux relations entre les deux pays dans la politique étrangère et comment valoriser le rôle des Maroco-français pour au sein de cette cette relation ?
- C’est une question fondamentale qui renvoie à la culture et aux appréhensions du Ministère des Affaires Etrangères. Nous avons la chance d’avoir le quart des Français qui sont d’origine étrangère. Je mettrais en avant toute une génération de jeunes fonctionnaires qui travailleraient avec le pays dont sont originaires leurs parents. Ils sont 100% français et 100% marocains. Si je suis élu je jouerais sur cette relation historique des binationaux. Je favoriserai aussi la relation avec les états africains parce que je suis africain.
Propos recueillis pas Amale DAOUD




