
Les prix du pétrole bondissent de 8 % et remontent au-delà des 100 dollars le baril lundi, quelques heures après l’annonce par les États-Unis d’un blocus des ports iraniens, tandis que les Bourses asiatiques apparaissaient de nouveau sous pression.
Alors qu’il était redescendu autour de 97 dollars en fin de semaine dernière, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai rebondissait de 8,44 % à 104,72 dollars vers 05 h 30 GMT. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, s’échangeait à 102,16 dollars, en hausse de 7,31 %, après avoir lui aussi gagné plus de 8 %.
L’armée américaine a affirmé qu’elle débuterait un blocus des ports iraniens à partir de lundi à 14 h 00 GMT, après l’échec des pourparlers au Pakistan.
Mais elle a précisé qu’elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran à travers le détroit d’Ormuz, passage stratégique où transite d’ordinaire un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
« Les menaces du président des États-Unis de mettre en place un blocus maritime contre l’Iran (…) sont tout à fait ridicules et amusantes », a répliqué le chef de la marine militaire iranienne, l’amiral Shahram Irani.
Après l’échec de négociations irano-américaines ce week-end, le Pakistan, hôte de ces discussions, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue entre les deux parties — dont aucune ne s’est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu censé expirer le 22 avril.
« Nous entamons une nouvelle semaine sur fond d’escalade du conflit », observe Kathleen Brooks, analyste chez XTB. « L’Iran a affirmé que toute approche de navires militaires américains dans le détroit serait considérée comme une violation de l’accord de cessez-le-feu et entraînerait une riposte militaire. La perspective d’une reprise des combats pourrait perturber les marchés et faire grimper les prix du pétrole », insiste-t-elle.
« L’absence d’accord signifie que le détroit d’Ormuz reste fermé et pourrait devenir encore plus dangereux (…) Le conflit entre dans sa sixième semaine et nous pourrions commencer à percevoir plus clairement les dégâts économiques », prévient Brooks.
De son côté, Charu Chanana, de Saxo Markets, relève que « même sans reprise totale des hostilités, le prix du brut devrait rester soutenu tant que le détroit demeurera un point de tension».
« L’échec des négociations est préjudiciable aux marchés car il annule une partie des bénéfices (de la récente trêve). Cependant, la diplomatie n’étant pas totalement abandonnée, on n’observe pas automatiquement un retour aux niveaux de panique les plus extrêmes atteints au début du conflit », tempère-t-elle.
En conséquence, note-t-elle, « la situation se résume à un entre-deux : ni guerre, ni paix, et les investisseurs se trouvent dans une situation instable (…) chaque information en provenance d’Ormuz, Washington, Téhéran ou Israël peut faire fluctuer les marchés rapidement ».
L’or trébuche
L’or chute face au retour des craintes inflationnistes après l’échec des pourparlers irano-américains et l’aggravation des tensions sur l’approvisionnement énergétique en cas de blocus américain d’Ormuz. Le cours du métal jaune a perdu jusqu’à 2,2 % lundi en début de séance et s’échangeait autour de 4 721 dollars l’once (-0,6 %) vers 05 h 30 GMT.
La flambée des prix du pétrole accroît les risques inflationnistes, augmentant la probabilité que les banques centrales retardent ou relèvent leurs taux d’intérêt — ce qui est négatif pour l’or, qui ne génère pas de rendement. De son côté, la monnaie américaine s’appréciait de 0,26 % face à la devise nippone, à 159,69 yens pour un dollar.
BledNews/AFP










