A la uneEconomie

Guerre au Moyen-Orient: Les cours de l’or et de l’argent au plus bas

Les pertes ont atteint des sommets, le conflit au MO en cause.

 L’or atteint son plus bas niveau de 2026. Le cours du métal jaune reculait de 2,26 % à 4 405,96 dollars vers 12 h 30 à Paris, après avoir perdu plus de 8,46 % ce lundi 23 mars, selon l’AFP. Il prolonge ainsi ses pertes pour la neuvième séance consécutive et efface ses gains depuis le début de l’année.

La chute de l’or a déjà été particulièrement marquée la semaine dernière, avec un plongeon de plus de 10 %, sa pire performance hebdomadaire depuis février 1983. Il a par ailleurs reculé de plus de 20 % par rapport à son record de 5 594,82 dollars l’once, atteint le 29 janvier.

L’escalade du conflit au Moyen-Orient, avec la fermeture du détroit d’Ormuz maintenant le prix du pétrole à des niveaux élevés, a ravivé les craintes inflationnistes et renforcé les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt à l’échelle mondiale.

Les cours des métaux ont brusquement dévissé après les avertissements successifs sur l’inflation de la Fed mercredi, puis de la Banque d’Angleterre ou encore de la Banque centrale européenne jeudi, à l’occasion de leurs annonces de politique monétaire.

« Alors que le conflit iranien entre dans sa quatrième semaine et que les prix du pétrole oscillent autour de 100 dollars, les anticipations sont passées de baisses de taux à des hausses potentielles, ce qui a terni l’attrait de l’or du point de vue du rendement », a déclaré Tim Waterer, analyste chez KCM Trade.

« La forte liquidité de l’or semble lui nuire en cette période d’aversion au risque. Les baisses sur les marchés boursiers conduisent à la liquidation de positions sur l’or pour couvrir les appels de marge sur d’autres actifs », a-t-il ajouté.

Si la hausse des prix tend généralement à renforcer l’attrait de l’or en tant que valeur refuge, les taux d’intérêt élevés freinent la demande pour cet actif qui n’offre aucun rendement.

Ces perspectives favorisent les obligations et le dollar, valeurs refuges concurrentes. « En période de tensions, la liquidité disponible en dollars et en bons du Trésor américain est bien plus attrayante que toute couverture théorique contre l’inflation offerte par les métaux précieux », analyse Chris Beauchamp, d’IG.

« Le dollar prospère dans ce type de configuration » où les taux d’emprunts montent et la liquidité se fait rare, car il devient « indispensable » pour les investisseurs afin de couvrir leurs pertes ailleurs, par exemple, selon Stephen Innes, de SPI AM.

Par ailleurs, « le Moyen-Orient – Dubaï en particulier – est une région clé pour le commerce de l’or », et « le conflit à ses portes aura probablement un impact sur la demande locale d’or », rappelle Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Avec environ 270 tonnes en bijoux, barres et pièces achetées l’année dernière par des particuliers, le Moyen-Orient représentait un peu moins de 10 % de la demande privée d’or dans le monde, soit davantage que celle des États-Unis ou de l’Europe, d’après des calculs de l’AFP basés sur des chiffres du Conseil mondial de l’or.

 

 

BledNews/AFP

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page