
L’Espagne est appelée aux urnes le 29 novembre. Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, a annoncé la convocation d’élections anticipées lors d’une brève allocution, ce lundi matin.
Après un week-end de réflexion et de consultations, Pedro Sanchez s’est décidé à franchir le pas et à dissoudre les Cortès, neuf mois avant la fin de la législature. C’est le rejet, vendredi au Parlement, de deux décrets pour limiter les hausses de loyer, freiner les expulsions et barrer la route à la spéculation, qui a été le déclencheur de cette décision.
Cela fait des mois que le gouvernement semble à bout de course, incapable de faire voter au Parlement ses propositions de réforme, et sans majorité pour commencer à présenter un budget. Il est lâché par les nationalistes catalans de droite qui ont glissé vers l’opposition. Parmi les analystes politiques, la question n’était plus de savoir si Pedro Sanchez allait convoquer des élections mais quand.
Avec cette convocation d’élections anticipées, le leader socialiste tente de sortir de l’impasse et de retourner les sondages à son profit, en profitant du grand élan social provoqué par la crise du logement et des mobilisations pour protester contre l’expulsion, à Madrid, d’une femme de 87 ans, mise à la porte du logement où elle a vécu soixante-dix ans sans jamais cesser de payer le loyer.
Enquêtes et sondages en main, Pedro Sanchez a opté pour profiter d’une étroite fenêtre d’opportunité. La question du logement, passée au premier plan, remobilise la gauche et éloigne les débats sur la gestion désastreuse de la crise migratoire de Sebta ou les multiples scandales de corruption et trafic d’influence qui minent le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et laissent planer des soupçons sur l’entourage du Premier ministre.
Les sondages pronostiquent pour l’instant une défaite cuisante pour la gauche et anticipent la victoire d’une alliance des droites entre les conservateurs du Parti populaire et les ultras de Vox, qui semble en position d’obtenir une majorité absolue. Reste à savoir si les mobilisations autour des questions de l’accès au logement seront suffisantes pour provoquer le sursaut attendu par Pedro Sanchez, parmi les électeurs de gauche.




