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L’affaire du magistrat maroco-français “Youssef Badr” inquiète

Le magistrat Youssef Badr fait l'objet d'une campagne sans précédent de haine et de racisme sur les réseaux sociaux.

C’est le premier président de la cour d’appel de Paris qui exprime, ce jeudi 15 octobre, sa « très vive inquiétude » face aux attaques visant un magistrat de Bobigny depuis la condamnation du fondateur du média identitaire Frontières, Erik Tégner, en juin. 

« Par leur ampleur, leur persistance et la variété des supports utilisés, en particulier sur les réseaux sociaux, ces attaques sont inédites et très préoccupantes », écrit Jacques Boulard dans un communiqué. « Si la critique d’une décision de justice relève de la liberté d’expression et participe au débat public, elle ne saurait se confondre avec la mise en cause personnelle d’un magistrat dans l’exercice de ses fonctions », ajoute-t-il, sans citer nommément le magistrat visé, Youssef Badr, auquel le magazine Frontières consacre sa une.

Youssef Badr, magistrat du tribunal de Bobigny, comme deux autres collègues, est visé par des attaques sur les réseaux sociaux depuis la condamnation de M. Tegnér à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour avoir divulgué les données personnelles (nom, prénom, ville où ils exercent) d’avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières.

Erik Tegnér avait aussitôt dénoncé sa condamnation comme « une totale dinguerie », appelant ses proches et ses 98 000 abonnés sur le réseau social X à « se mobiliser », dans une vidéo qui a été vue plus de deux millions de fois.

Ancien porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr a récemment été médiatisé comme président de l’association La courte échelle et comme auteur de l’essai “Pour une justice aux 1 000 visages”. Frontières (L’Aube, 2025), dans son édition en kiosque depuis mercredi, lui consacre sa une, avec sous sa photo les titres « Justice politique » et « L’énigme Youssef Badr ».

Youssef Badr a par ailleurs posté sur son réseau Linkedin une réponse au magazine Frontières. « Vous pouvez répéter partout que je suis un juge politisé : je ne le suis pas », réagit le magistrat. « On ne se contente plus de critiquer une décision ou de discuter des idées. On affiche une personne qu’on qualifie de politique et on tente de la faire passer pour une personne dangereuse », alerte-t-il. Il affirme qu’une équipe de Frontières est venue mercredi au tribunal de Bobigny pour lui « demander des explications sur [son] absence de réponse à leurs questions ».

 

 

BledNews/AFP

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