A la uneMigration

Réforme de la moudawana : Les Marocaines de l’étranger appellent à être entendues

Quels sont les priorités des femmes marocaines de la diaspora? Eléments de réponse.

C’est une enquête inédite que vient de réaliser le Moroccan Women Leaders Network, réseau de femmes marocaines du Maroc et de l’étranger, autour des attentes et priorités des femmes en émigration en matière de réforme de la moudawana.

Qu’est-ce que les Marocaines en émigration attendent de la réforme de la moudawana ? Quelles sont leurs priorités ? Pourquoi leurs revendications n’ont-elles pas été entendues lors des dernières consultations ? C’est à toutes ces questions qu’a tenté de répondre le MWLN en réalisant une enquête auprès d’un échantillon de femmes d’origine marocaine établies en France, Belgique et Royaume-Uni.

«  Créer des synergies et espaces de débat entre des femmes marocaines du Maroc et de l’étranger pour la défense des droits des femmes, le partage d’expériences et d’expertises et la promotion d’une société où les droits des femmes soient respectés » : c’est ainsi que le MWLN définit sa mission. Le réseau, lancé fin 2024, mais qui vient de réaliser sa première action, se positionne ainsi sur des questions fondamentales de défense des droits des femmes. Et ce n’est pas un hasard s’il a choisi la réforme de la moudawana pour connaître les priorités et attentes des femmes marocaines en émigration. Car les voix de ces dernières n’ont à aucun moment été entendues lors des dernières consultations entreprises avec la société civile par la commission consultative en charge de la réforme de la moudawana.

Les résultats révèlent plusieurs points importants : une attente forte d’une réforme de la Moudawana, des attentes claires en matière d’égalité au sein de la famille, de protection face aux situations de vulnérabilité et d’effectivité des droits, notamment lors des séparations ou en cas de violences conjugales. Elles insistent également sur la nécessité de simplifier les démarches administratives, de renforcer la confiance dans les institutions et de mieux informer les femmes sur leurs droits.

Les résultats mettent aussi en lumière les difficultés spécifiques rencontrées par les Marocaines résidant à l’étranger, confrontées à la complexité des parcours familiaux et administratifs entre plusieurs pays. L’accès à la justice, le rôle parfois limité des consulats et l’exécution des décisions judiciaires demeurent des enjeux majeurs, notamment dans les situations de divorce, de garde d’enfants ou de reconnaissance des actes civils. Les témoignages évoquent des procédures lourdes, lentes et parfois peu lisibles, qui freinent l’accès effectif aux droits, dans un contexte marqué par un manque de coordination entre les systèmes juridiques et une certaine défiance envers certaines pratiques institutionnelles. Ces réalités révèlent une vulnérabilité particulière, à l’intersection des questions migratoires, familiales et administratives.

Le MWLN ne compte pas s’arrêter là. Il entend faire entendre les voix des marocaines en émigration, et la moudawana est un des dossiers majeurs sur lesquels il va se pencher.

 

Leila Amiri

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page