Maroc

Maroc: Passage du “stress hydrique” à un “optimisme prudent”

Les réserves des barrages tournent la page de la sécheresse au Maroc.

Les données publiées par la direction du Ministère de l’Équipement et de l’Eau apportent d’excellentes nouvelles aux Marocains concernant leur sécurité hydrique. En effet, le taux de remplissage global des barrages, tous bassins confondus, a enregistré une avancée spectaculaire pour s’établir à 72,15 % ce samedi 21 mars.

Ces statistiques officielles dépassent le simple cadre conjoncturel ; elles marquent la fin d’une rude période de sécheresse et l’avènement d’une ère de « sécurité hydrique » dont les retombées seront très positives tant sur l’actuelle campagne agricole que sur l’approvisionnement en eau potable.

À titre de comparaison, à la même date l’année dernière (le 21 mars 2025), ce taux plafonnait à peine à 36,59 %. Aujourd’hui, les réserves en eau ont doublé pour atteindre 12 381,94 millions de mètres cubes. Ce bond quantitatif illustre l’impact direct des fortes précipitations et des importantes chutes de neige qu’a connues récemment le pays, des conditions météorologiques qui se maintiennent actuellement et qui devraient se prolonger tout au long de la semaine suivant l’Aïd.

L’examen détaillé de la répartition de ces ressources au sein des neuf bassins hydrauliques du Royaume fait ressortir des disparités très positives. À la date de ce samedi, le bassin du Loukkos affiche un taux de remplissage de 91,92 %, talonné de près par le bassin du Bouregreg avec 92,56 %. Ces chiffres garantissent une stabilité parfaite et régulière de l’approvisionnement en eau potable pour l’axe urbain très peuplé de Rabat-Casablanca, ainsi que pour les villes et villages du nord-ouest du pays.

Au cœur de cette « carte de l’abondance hydrique », le bassin du Sebou s’impose comme un levier majeur pour l’eau potable et l’irrigation, avec des réserves dépassant les 4,5 milliards de mètres cubes. Cette performance est portée par les apports exceptionnels du barrage Al Wahda, qui représente à lui seul le quart du stock national actuel. Cette dynamique devrait d’ailleurs optimiser l’efficacité de « l’autoroute de l’eau », un projet permettant de transférer l’excédent de ces bassins riches vers les régions encore en phase de redressement, instaurant ainsi une véritable équité hydrique régionale.

La relance du bassin de l’Oum Er-Rbia est également manifeste à travers les données officielles. Malgré les sévères épisodes de sécheresse passés, le bassin enregistre une amélioration significative, atteignant un taux de 55,99 % contre à peine 9,9 % l’année précédente. Le fait le plus marquant reste la résurgence du barrage Al Massira, dont le niveau est remonté à 33,12 % après des années d’assèchement critique.

Pour la première fois depuis des années, plusieurs barrages stratégiques de petite et moyenne capacité affichent un taux de remplissage de 100 %. C’est le cas des barrages Nakhla et Moulay Hassan Ben El Mahdi dans le bassin du Loukkos, ainsi que des barrages Cherif Al Idrissi, Dar Khroufa, Sidi Driss et Abou El Abbas El Sebti.

Parmi les conséquences majeures de cette nouvelle « carte hydrique verte », l’octroi d’une grande marge de manœuvre aux décideurs agricoles pour la programmation de cycles d’irrigation réguliers, éloignant ainsi durablement le spectre des coupures d’eau dans les grandes agglomérations.

BledNews

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