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Réserves en eau: Nizar Baraka fait le point après les inondations

Les dernières inondations ont eu des bienfaits mais ont aussi causé de nombreux dégâts.

Selon le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, les réserves actuelles devraient garantir au moins une année d’approvisionnement aux réseaux les plus vulnérables et jusqu’à deux ans pour d’autres régions. Mais cet excédent d’eau a aussi mis à l’épreuve les infrastructures : 124 tronçons routiers sur 168 endommagés ont été rouverts, tandis que 44 restent fermés.
S’exprimant lors du point de presse tenu, jeudi 11 février, à l’issue du Conseil de gouvernement, Nizar Baraka a indiqué que les barrages ont reçu plus de 12 milliards de mètres cubes d’eau, depuis le 1er septembre 2025, soit 134 % de la moyenne habituelle. En deux mois seulement, l’essentiel des apports annuels a été enregistré. Résultat : le taux de remplissage national est passé de 31,1% le 12 décembre 2025, à 69,35% le 11 février 2026 aujourd’hui, un niveau inédit depuis 2018.

Selon le ministre, le barrage Oued El Makhazine affiche actuellement 1,097 milliard de m³ d’eau stockée. Depuis le 1er septembre 2025, il a enregistré près de 1,462 milliard de m³ d’apports, dont plus de 70 % concentrés sur les deux dernières semaines. Des records de débit ont été atteints, avec un pic à 3.210 m³/s le 28 janvier.

Même scénario à Al Wahda, plus grand barrage du Royaume, qui a reçu 3,48 milliards de m³ d’eau depuis septembre. Son taux de remplissage est passé de 41 % à près de 95 %, avec des apports exceptionnels de 1,39 milliard de m³ en une seule semaine. Un apport journalier record de 348 millions de m³ a été enregistré le 4 février.

Du bassin du Loukkos à celui de Sebou, les pluies diluviennes de ces dernières semaines ont transformé une catastrophe naturelle en test grandeur nature de l’État. À mesure que l’eau montait, une machine parfaitement huilée s’est rapidement mise en branle : alerte, évacuations massives, secours dans les quartiers noyés, gestion hydraulique des barrages, sécurisation des réseaux. Et, en miroir, une solidarité populaire exceptionnelle. De cette convergence d’efforts et de cette harmonie d’interventions se dégage une vérité irrécusable : la souveraineté se prouve aussi par la capacité à se montrer à la hauteur des défis imprévus et à gérer les crises avec responsabilité, professionnalisme et humanité.

Face à cette pression hydraulique, les autorités ont procédé à d’importants lâchers d’eau préventifs pour éviter tout risque sur les infrastructures et limiter les crues en aval. À Oued El Makhazine, 832 millions de m³ ont été évacués. À Al Wahda, les lâchers cumulés atteignent 1,762 milliard de m³.

Le caractère exceptionnel de la séquence se mesure surtout à sa concentration dans le temps. À lui seul, le volume enregistré depuis le 12 décembre 2025 atteint 11,74 milliards de m³, représentant 96,4 % du total des apports de la période. Plus frappant encore : depuis le 11 janvier, les barrages ont reçu 8,82 milliards de m³, un volume qui dépasse celui enregistré durant certaines années hydrologiques complètes.

Cette dynamique a profondément modifié la situation des réserves. Le taux de remplissage national est passé de 31,1 % le 12 décembre 2025 à 69,35 % au 11 février 2026, avec un stock global de 11,62 milliards de m³, un niveau inédit depuis 2018.

Plusieurs bassins se distinguent particulièrement. Le Sebou cumule à lui seul 5.086 millions de m³ d’apports, avec un taux de remplissage atteignant 91,57 %. Le Loukkos enregistre 1.786 millions de m³, pour un taux de 93,49 %. Au total, 31 barrages affichent désormais un taux de remplissage supérieur à 80 %.

Face à ces apports massifs, les autorités ont procédé à des lâchers d’eau progressifs et anticipés pour préserver les ouvrages et sécuriser les zones en aval. Depuis le 1er septembre, les volumes évacués dans les barrages ayant atteint 100 % de leur capacité s’élèvent à 4.278 millions de m³.

Cependant, la concomitance entre ces lâchers et les crues des affluents en aval a entraîné des débordements de cours d’eau, provoquant des inondations notamment dans les zones basses des régions du Gharb et du Loukkos.
Au-delà de la sécurisation des infrastructures, ces précipitations ont un impact direct sur l’économie hydrique du pays. Les réserves actuelles devraient garantir au moins une année d’approvisionnement aux réseaux les plus vulnérables, et jusqu’à deux années pour la majorité des autres.

La production hydroélectrique bénéficie également de cette dynamique, avec 1,56 milliard de m³ alloués à la génération d’énergie renouvelable. Les lâchers d’eau ont par ailleurs permis de limiter l’envasement des barrages, un entretien devenu impossible durant les années de sécheresse.

Enfin, les nappes phréatiques montrent des signes de recharge dans plusieurs bassins, notamment le Sebou, la Moulouya, l’Oum Er-Rbia ou encore le Loukkos, ce qui pourrait atténuer la surexploitation des ressources souterraines et soutenir la prochaine campagne agricole.
Si les pluies ont rempli les barrages, elles ont également mis à rude épreuve les infrastructures routières. Au total, 168 tronçons ont été endommagés à travers le pays à la suite des intempéries.

Selon Nizar Baraka, 124 tronçons ont déjà été rouverts à la circulation, tandis que 44 restent coupés à ce jour.

Les régions les plus touchées sont Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Casablanca-Settat, Béni Mellal-Khénifra et l’Oriental.

Dans le détail, 119 coupures sont liées à la montée des eaux, tandis que 49 tronçons ont été affectés par des éboulements rocheux ou des glissements de terrain. Plusieurs ouvrages d’art se sont également effondrés, notamment en milieu rural.

Si les pluies ont rempli les barrages, elles ont également mis à rude épreuve les infrastructures routières. Au total, 168 tronçons ont été endommagés à travers le pays à la suite des intempéries.

Selon Nizar Baraka, 124 tronçons ont déjà été rouverts à la circulation, tandis que 44 restent coupés à ce jour.

Les régions les plus touchées sont Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Casablanca-Settat, Béni Mellal-Khénifra et l’Oriental.

Dans le détail, 119 coupures sont liées à la montée des eaux, tandis que 49 tronçons ont été affectés par des éboulements rocheux ou des glissements de terrain. Plusieurs ouvrages d’art se sont également effondrés, notamment en milieu rural.

BledNews/MAP

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